TRANSMISSION

Le Yoga comme Voie initiatique source d’alchimie 

Le Yoga, voie d’union Corps-Âme-Esprit, mène doucement vers cette connexion unique entre l’Être et tout ce qui est là. 

Vivre le yoga tel un voyage d’exploration qui favorise cette rencontre avec soi et ce qui est. 

Visant à réaliser l’union du corps, du mental et de l’esprit, la voie du yoga mène pas à pas vers l’union de l'individualité avec l’intelligence du cœur relié à l’univers. Dans cet état d’être, les éléments de l’organisme interagissent en harmonie avec les éléments de la nature. Le yoga donne vie à une profonde synergie. Celle qui mène vers un éveil.. 

Du réveil à l’éveil, plusieurs processus se vivent et donnent l’opportunité de créer une alchimie intérieure unique, propre à chaque être qui s’engage sur cette voie initiatique.

Être en présence de soi peut passer par l’éveil au corps. C’est pourquoi, il est souvent efficace de commencer par la reconnexion au corps sans omettre l’observation des mécanismes du mental. Quand il est pratiqué avec authenticité et intégrité, le yoga amène à un mouvement infini source de transformation sur plusieurs dimensions. De cette transformation se vit l’élévation issue de l’acceptation de ce qui se vit dans l’instant et l’accueil de la vulnérabilité inhérente à la condition humaine. 

Voyage au cœur de soi

 

Au fil d’une pratique assidue, le voyage au cœur de soi devient une évidence. Cette exploration transformatrice invite chacun à s’ouvrir à son rythme aux dimensions de son Être afin de percevoir sa réalité en mouvement perpétuel ; se poser à sa juste place, saisir sa nature profonde pour mieux l’offrir au monde. Créer l’espace pour recevoir les transformations de ses actions.

Avec joie se relier au courant vibratoire et créatif qui nous traverse et accueillir ce qui (re)naît. 

Le corps n’est pas une chose qui est gérée selon la volonté, mais que l’on mène vers un état d’harmonie grâce à la concentration du Prana (énergie vitale), qui survient quand on se libère des illusions égotiques. Dans cet état, l’être ne fonctionne pas de façon mécanique. Par nature, il ne peut qu’improviser chacun de ses mouvements. Ancré à la Terre, il fluctue en résonance avec les vibrations de la vie, dans un espace où tout est vivant. 

De l’ouverture à L’acte juste

Le yoga est un art quand il mène vers l’acte juste. Ici, l’action s’accomplit grâce à une force qui n’est pas celle de la volonté ni de la tension. L’acte se fait spontanément de part l’arrivée de la force vitale en soi-même. Cette aptitude à recevoir est la base de tout art. Cela se manifeste par la réceptivité, puis par l’action d’entrer en concordance avec l’énergie qui arrive, en accord avec ce qui prend naissance en soi.

De l’exploration à la reconnaissance 

 

Au départ, la vie m’a amené à découvrir l’Iyengar Yoga et l’Ashtanga Yoga, deux disciplines issues de l’enseignement du maître yogi Krishnamacharya. Guidée par l’intuition, j’accepte d’accompagner une amie à son cours d’Iyengar Yoga malgré les symptômes d’une rhino-pharyngite et bronchite. Ce premier cours est source de profondes révélations. Au fil de la séance, imperceptiblement, les symptômes de la maladie se dissolvent. Grâce à la synchronisation de la respiration et des postures, l’énergie vitale s’accroît au fil de la séance. Je me surprends de m’établir avec aisance et fluidité dans chaque posture et je prends conscience vers la fin de la séance que ces mouvements universels ont toujours été présents depuis l’adolescence. En m’accordant un temps de connexion tous les matins afin d’être à l’écoute du corps, je restais dans certaines postures telles que padangusthasana, uttanasana, Urdhva prasarita eka padasana, sans connaître le Yoga, juste en me laissant guider par l’intelligence du corps. Après cette première séance de yoga, je me suis littéralement immergé intensément dans cette voie en étudiant les textes fondateurs et en pratiquant plusieurs heures par jour...

Les chemins du yoga étant infinis, je serai toujours dans une voie d’approfondissement en état d’ouverture.

Au fil des explorations, j’ai suivi l’enseignement d’illustre maître yogi dont Babacar Khane qui me transmit le Yoga Pharaonique et Shyamji Bhatnagar pour le Nāda Yoga (Yoga du son); Shri Param Eswaran et Francesca Krim pour le Tantra Yoga. Au fil des voyages (extérieurs et intérieurs), la guidance m’a permis de traverser diverses expériences et épreuves afin de me confronter à l’Égo et le remettre à sa juste place. À l’instant où la force se révèle, on peut percevoir la beauté de sa vulnérabilité. 

Faire corps avec l’instant 

 

Rien n’est jamais acquis. La pratique du yoga offre l’opportunité de le comprendre profondément. Ainsi, la souplesse se transforme vite en résistance si l’on ne se fond pas totalement dans ce qui est dans l’instant. Par exemple, l’étirement forcé crée une tension si nous ne faisons pas corps avec l’instant. Faire corps avec l’instant signifie avant tout d’être à l’écoute. À l’écoute de nos limites avec bienveillance. Ce processus de juste équilibre est l’écho profond de la résilience. Faire corps avec l’instant (se fondre totalement avec ce qui est, ce qui naît...) donne vie/naissance à l’essence, laisse place à la Présence. La flexibilité du corps et la souplesse d’esprit facilitent l’essor de notre véritable essence, cette essence dont les actes ne sont plus guidés par le mental et l’égo. Cette renaissance peut se vivre au fil d’expériences dont l’écho est ce fameux «Toucher de l’Être». 

 

L’espace de résilience 

 

L’attention, la présence donne la possibilité de percevoir la dualité inhérente à l'existence. De cette oscillation de polarités et d’énergies complémentaires, suivre l’évidence, celle de traverser nos ombres pour atteindre notre lumière. De ces traversées jaillit la conscience subtile de l’absolu paradoxe de l’être.

Comment s’unir en soi ?

S'unir implique d'intégrer en soi l'obscurité et la lumière, de réconcilier en nous cette dualité. 

Ce monde est créé sur cette tension entre les opposés et l'être humain peut faire œuvre de réconciliation. Invité à transmuter l'opposition source de séparation afin de percevoir la complémentarité des forces opposées. Dans le centre du cœur réside cet espace de réconciliation. Cet espace où les contraires se touchent et s'harmonisent.

Cet espace de résilience… qui, en se délestant du « i » donne naissance au « Ré » puis au Silence.

 

De l’alliance des composantes à l’essence des expériences 

 

Ce processus peut s’expanser avec l’alliance de multiples composantes du Yoga. Par la pratique des pranayama (expansion de l’énergie par des techniques de respiration), des asana (postures), se vit l’expérience de plusieurs piliers du yoga tels Dharana (la concentration), Ishvara Pranidhana (le lâcher-prise/l’humilité d’accepter ce qui est - l'abandon à l'univers ; reconnaître qu’il est vain de vouloir contrôler), Dhyana (état méditatif), etc. Par son approche, le yoga amène à pratiquer Ishvara Pranidhana sur le tapis en abordant consciemment une posture puis cette habileté se transpose naturellement dans sa vie quotidienne. À travers la pratique de diverses postures dont celle d’équilibre, on apprend à trouver le juste équilibre entre le désir de « bien faire » et le lâcher-prise. De plus, on a l’opportunité d’observer divers conditionnements dont l’exigence envers soi et/ou le besoin de se prouver à soi et aux autres que l’on est capable de le faire ou d’être meilleur qu’avant ; ces conditionnement initiés très tôt peuvent s’accroître à outrance dans certaines écoles où les enfants sont jugés, évalués, notés, voire même humiliés.

Accepter le changement et l’impermanence corporel sans que cela remette en cause sa valeur ou ses facultés permet de se libérer du jugement intérieur et des conditionnements qui s’y rattachent. Réaliser la posture de l’arbre est un exercice essentiel pour s’enraciner avec douceur et observer où nous en sommes dans l’instant. 

 

Dans le raja yoga et tous les autres types de yoga postural, on se concentre initialement sur les composantes de la posture et la respiration. On se permet de ressentir des résistances qui apparaissent grâce au maintien de la posture. Avec la régularité, vient un état d’être où la résistance se dissout : on ne fait plus qu’un avec la posture et on observe ce qui est suscité en soi tout en réalisant les ajustements requis source d'approfondissement. Lorsque l’être compose en conscience avec la situation telle qu’elle se présente, l’énergie en soi suscite des actions justes et inattendues.

 

De la libération au tracé de l’inspiration 

 

Le yoga est passé maître dans l’art d’exposer le conflit intérieur entre le cœur et le mental. Malgré cette dualité, l’humain peut faire œuvre d’unité et trouver des clés d’exploration à travers le yoga, où se concilie diverses polarités dont la maîtrise et le lâcher prise. Dans le lâcher-prise et la non-attente se révèle la sagesse de l'inconnu. Cette sagesse libère des entraves créées par le passé. Elle ouvre la porte de la prison qu'à construite chaque conditionnement. En entrant dans l’inattendu, dans le champ de tous les possibles, on déploie nos ailes et se danse la vie à l’infini, en harmonie avec la symphonie du moment. Se laisser inspirer. L’espace d’un instant se délester de tout ce que l’on croit savoir, s’abandonner dans le souffle, simplement relié à la source. 

Créer de l’espace à l’intérieur de soi pour être dans l’écoute profonde de ce qui se vit. Créer de l’espace pour tracer l’inspiration de l’instant.

« Sans connaissance intime de soi, il est impossible de dépasser les limites de notre mental.» Jiddu Krishnamurti

Un des autres piliers essentiels Svadhyaya (connaissance de soi et des textes) transforme le regard. L’être prend une distance et perçoit avec plus de lucidité. De cette observation essentielle, naît la remise en question des croyances limitantes.

Sur la voie de la connaissance, la vigilance est de mise. Plus on connaît les lois de la nature, plus l’arrogance peut éclore.

Quand l’égo s’accroît, celui-ci éclipse l’esprit. Une quête de vérité, d’apparence authentique, peut nous éloigner de la source même que nous souhaitons approcher. Le yogi tend vers l’humilité : plus il éclaircit les secrets de l’inconnu, plus celui-ci s’obscurcit. L’humilité mène à l’émerveillement et l'innocence qui incite à percer le mystère de la vie et se livrer à lui.

Le yoga devient un chemin d’éveil quand le yogi est prêt à déjouer les tentations de l’intellect égaré.

La pratique assidue conduit à se détacher de toute volonté de préjuger le résultat de l’action menée.

Dans cet état de conscience, l’action est source de libération. 

 

Résonance vibratoire

 

Le cosmos, êtres humains inclus, consiste en des vibrations sonores appelées nāda. Ce Yoga de la résonance relié à la tradition tantrique, nommé Nāda Yoga se fonde sur le postulat que la nature du monde est purement vibratoire. Cet art spirituel favorise la transformation intérieure par l’écoute et l’union à travers le son. La profondeur de notre intériorité s’extériorise naturellement par le chant des Sons-Sources et vibre au-delà de l’être.

 

« Jamais la première Semence de cette Terre mystérieuse n'a semblé plus vivante que là, dans cette Inde, comme une première éclosion vivante. En Inde, le mot « semence » se traduit par « son ». Comme une première vibration puissante qui, plus tard, s'est couverte de mots. Un son qui est le pouvoir du sens. Comme une première langue d'avant nos langues. Le sanscrit védique a gardé ce pouvoir du verbe  qui exprime ou « musicalise » le Son d'une Vérité profonde qui jaillit des entrailles de la Nuit et tente de résonner. » Satprem

Tel un auto-massage sonore, le Yoga du Son permet de mettre en éveil les zones endormies de la voix. Chaque son vibre dans une zone particulière du corps permettant le déploiement de son propre espace. Entre chaque son, un temps de silence source de résonances. Le chant vibratoire harmonise les centres énergétiques du corps.​ Les vibrations sonores pénètrent les cellules et l’humain est au diapason avec sa nature essentielle.

Cette pratique millénaire agissant au niveau cellulaire, hormonal et subtil, transforme la biochimie du cerveau, l’harmonie naturelle entre le corps et le mental se vit.

La vibration de la voix est intermédiaire entre l’esprit et la matière, entre le monde intérieur et le monde extérieur. Verbaliser une idée, c’est la mettre en vibration, celle-ci résonne dans le corps, prend vie, s’incarne et se propage vers l’extérieur. Se vit l’alliance source de présence : de la vibration naît la résonance, de l’attention naît la reliance, au-delà de tout dogme.

De cette reliance découlent la qualité de l’intention et celle de l’état d’esprit, le cœur et la pensée unifiée.

Par le chant vibratoire, on approfondit la voie de résonance. On apprend à faire résonner la vibration de la voix dans son être. Ainsi se vit la reliance entre le bassin, le ventre et la gorge. Les effets vibratoires et énergétiques de la voix mettent en place un massage intérieur. Le souffle reprend sa place. Le chant accroît l'amplitude et la puissance du souffle. La voix se libère. 

Le chant est l’acte primordial de communication avec les éléments (terre, eau, feu, air), les ancêtres, etc. Il laisse l’être s’ouvrir à une réalité subtile. L’espace d’un instant, l’Être voyage dans les spirales harmoniques des vibrations. Les ondulations vibratoires favorisent le lien avec l’essence de tout ce qui vibre. Le regard intérieur se transforme. De la voie du son, communier avec le Vivant, voir en profondeur que tout est lié.