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Ashtanga Yoga - 8 Membres du Yoga


Le yoga est une pratique millénaire que Patanjali formalisa par écrit plusieurs siècles avant J.C.

Son livre Yoga-sûtras expose l'Ashtanga yoga traduit littéralement par les 8 membres du Yoga.

En 195 sutras ou aphorismes, le sage Patanjali décrit le fonctionnement du mental et exprime différentes manières d'appréhender le yoga et de l'intégrer dans notre vie.

Ces huit branches représentent différents aspects du yoga.

EIGHT LIMBS OF YOGA - ASHTANGA YOGA

Les 5 premiers membres sont dits externes (Bahiranga) car ils concernent la vie sociale, le corps physique et la dimension spirituelle.

Les 3 derniers membres dits internes (Antaranga) développent plus spécifiquement la sphère spirituelle.

1 - YAMAS : la juste relation avec l’environnement social, liée à 5 règles:

* Ahimsa : la non-violence, respect de la vie.

Il concerne le respect de la vie, s’abstenir de blesser un individu physiquement et moralement, n’offenser aucun être, même par la pensée. Quand il y a une tendance à « himsa » (heurter, tuer, offenser), il faut chercher à penser aux conséquences. Il est nécessaire de maintenir l’équanimité (1) du mental en toutes circonstances et conditions hostiles. Les pensées doivent êtres pures. Toutes les actions entreprises sans aucun égoïsme ni le sens d’en être l’auteur sont Ahimsa. Ahimsa s’accompagne de « abhaya » (qui n’a pas peur, libéré de la peur), et de « akrodha » (qui n’a pas de colère, libéré de la colère). Pratiquer la bonté, la bienveillance, l'empathie envers les autres, est le moteur pour atteindre à tout cela.

* Satya : la vérité (être honnête, authentique). Réel, authentique, véritable, sincère, fidèle, loyal, véracité (habitude de dire la vérité). C’est un accord entre la parole, la pensée et ce qui a été vu et vécu. Satya est traduit d’une façon simple par « ne pas mentir », cependant toute parole ne doit pas forcément être dite, même si elle est vraie. Cela concerne aussi les insultes, les obscénités, les abus de confiance, la calomnie, la moquerie. Si la langue émet des paroles de vérité, si l’esprit émet des pensées de vérité, et si la vie toute entière est basée sur la vérité, alors l’être humain est prêt pour la recherche spirituelle.Quand satya est fermement établi, il y a interférence entre satya et ses fruits. L’être reçoit le fruit de ses actions sans rien faire apparemment.

* Asteya : ne pas voler, ne pas convoiter.

* Brahmacharya : Abstinence, modération, sagesse. Etat de l'étudiant brahmanique. Celui qui voyage dans la sagesse (dans le Véda). S’éloigner de ce qui peut nous décentrer. C’est d’abord le premier stade qui précède le mariage, moment que le jeune Brahman passe à s’instruire auprès de son maître. Brahmacharya n’a pas de rapport avec le fait d’être célibataire ou marié et vivant une vie de chef de famille. Pour respecter les règles du dharma, il n’est pas nécessaire de rester célibataire et sans foyer. « Sans l’expérience de l’amour et du bonheur humain, il n’est pas possible de connaître l’amour divin ». Brahmacharya développe un esprit courageux, permet de lutter contre les injustices et d’œuvrer pour une vie plus sage, plus juste.

* Aparigraha : non-possessivité, refus des possessions inutiles, absence d'avidité. C’est ne rien prendre qui ne soit le fruit d’un travail. Ne rien accepter à titre de faveur. Chercher à être satisfait quelque soit l’événement, cela permet d’être en harmonie avec soi et son propre karma. Le Yogi sait que toutes les choses dont il a vraiment besoin viendront en temps utile, il n’a pas besoin de courir après.

A ces cinq yâmas , les enseignements anciens en ajoutaient cinq de plus :

CONSTANCE : La persévérance de ses opinions. C’est aussi continuer son action quoiqu’il arrive, sans être découragé par les retards, les difficultés, la maladie, les échecs…. Mais aussi, ne pas être obtus, têtu, buté sur les décisions entreprises. Ce qui implique de rester ouvert, rester toujours aligné à nos aspirations, et savoir où l’on se dirige.

La constance est absente en cas de dispersion, elle est présente dans la recherche de l’unité de son être.

COMPASSION : signifie littéralement « gérer les émotions à partir de la sympathie », prendre part aux maux d’autrui, le don de soi.

La compassion est notre aptitude à comprendre la souffrance de l’autre, cette action répond au désir de soulager et d’atténuer la tristesse des personnes qui nous entourent. Lorsque nous entrons en contact avec la souffrance d’autrui, nous pouvons être débordés par nos émotions. Notre deuxième action sera donc d’apprendre à gérer les émotions qui naissent au moment d’agir avec compassion.

L’auto-compassion nous permet d’adopter une attitude compréhensive vis-à-vis de nous-même. Apprendre à développer la compassion est une compétence qui peut nous aider à nous sentir plus heureux et satisfait au quotidien. L’auto-compassion se construit lorsque nous prenons conscience de notre souffrance interne, en comprenant sa signification, nous permettant de l’accepter et nous donnant de l’affection. C’est une manière d’encourager une attitude d'amour envers nous-même.

La compassion ouvre le cœur

Cette émotion nous permet d’interagir avec notre cœur et ainsi de nous mettre à la place des autres. Elle nous ouvre la porte des émotions en nous permettant de comprendre la vie que les autres mènent, et de ressentir ce qui peut les blesser ou les faire souffrir.

La compassion, si elle est sincère, nous aide à cesser de regarder notre nombril en étendant notre vision sur ce qui se passe dans notre entourage. Elle nous rappelle que nous ne sommes pas seuls dans ce monde, que les autres aussi ont de l’importance.

De plus, si l’aide que nous leur offrons est sincère et désintéressé, cela nous procurera une immense paix intérieure.

L’acte de compassion nous rapproche de l’autre, nous offre la possibilité de donner le meilleur de nous-même pour aider les autres, avec humilité et proximité. Cela nous rend plus humains, sensibles et sincères avec les personnes qui nous entourent, et bien entendu, avec nous-même.

Étapes pour développer la compassion

Percevoir sa propre souffrance et celle d’autrui est la première étape vers le chemin de la compassion.

Pour cela, nous devons ouvrir notre cœur, ce qui nous permettra d’interagir avec nos émotions. Il est important de pratiquer l’observation sans jugement, car sinon, la compassion ne surgira pas en nous.

Ressentir pleinement l’émotion

Nous ouvrir à l’émotion signifie que nous nous permettons de ressentir toutes les émotions, même si parfois elles nous provoquent souffrance et mal-être. Si nous nous laissons porter par la compassion, nous pourrons accéder au sentiment de bienveillance.

Passer à l’action Après avoir pu percevoir la souffrance des autres, évaluer son importance et ressentir l’émotion sans barrière, il est temps d’agir pour extérioriser le sentiment qui ne doit pas rester interne. Par exemple, nous pouvons essayer de soulager la souffrance d’un ami ou d’un membre de notre famille, et lui donner cet appui émotionnel dont il a besoin.

Obstacles à la compassion :

Croire qu’aider les autres à réduire leur souffrance peut nous affaiblir et donc faire face à un rejet de la compassion.

Être incapables d’observer des personnes souffrantes, car cela pourrait réveiller en nous de la tristesse que nous ne souhaitons pas ressentir.

Raviver au travers de la compassion, des blessures non-cicatrisées, qui nous empêchent de ressentir la souffrance d’autrui.

Sentir que si nous entrons en contact avec la souffrance d’autrui, nous ne pourrons ensuite plus nous en délester.

Centrer nos attentions sur d’autres choses qui nous paraissent « plus importantes ».

DROITURE : Elle exprime la qualité d’une personne loyale, sincère, fidèle, dévouée face aux actions entreprises. Les fonctions vitales, mentales et émotionnelles sont alors purifiées, claires, équilibrées.

LE PARDON : pardonner aux autres, à soi même. Cultiver le pardon supprime l’esprit de dualité et produit la paix. « Alors que les autres dorment quand le devoir les appellent et ne s’éveillent que pour prétendre à leurs droits, le Yogi est pleinement conscient de ses devoirs et ferme les yeux sur ses droits. C’est pourquoi il est dit que dans la nuit de tous les êtres, l’homme discipliné et paisible s’éveille vers la lumière », (B.K.S. Iyengar dans Yoga Dipika – Lumière sur le Yoga).

MODÉRATION dans L'alimentation « Le yoga est interrompu par les excès de nourriture » (Hatha Yoga Pradîpika -15-90). Le premier obstacle est « trop manger ». « En vérité le Yoga n’est pas pour celui qui dort trop, ni pour celui qui veille trop. L’être humain qui est mesuré dans sa nourriture et ses délassements, mesuré dans ses gestes et ses activités, dont le temps de sommeil et le temps de veille sont réglés, pour lui il y a Yoga qui détruit toute souffrance », (Bhagavad-Gîtâ IV, 16-17). « On doit emplir deux quarts de l’estomac avec de la nourriture, un quart avec de l’eau et laisser un quart vide pour la circulation de l’air », (Hatha Yoga Pradîpika 58-121). Chercher à établir une distinction entre la nourriture Sattvique, Rajasique, Tamasique.

2 - NIYAMAS : la juste attitude vis à vis de soi, liée à 5 règles personnelles d’auto-discipline.

* Shaucha : la pureté du corps, propreté, ordre, clarté.

La pratique de shaucha permet une efficacité sur deux plans : Sur le corps physique, car elle permet l’élimination des sédiments, encroûtements, bactéries et autres sources possibles de maladies plus ou moins graves. Sur le plan astral, en dégageant les nâdis (vaisseaux subtils), stimulant les chakras, ce qui entraîne une libération des enfermements, peurs, craintes, tendances négatives.

La pureté externe est de trois sortes : envers la famille, sur les objets d’usage – la pureté du corps, la purification des organes sensoriels et mentaux est la plus importante.

* Santosha : le contentement, reconnaître ce qu’il y a de bénéfique dans notre vie. La pratique de Santosa développe un état d’esprit qui évite tous les conflits intérieurs.

* Tapas : pratique intense, constante et soutenue, source de détermination et persévérance. Pratique nécessaire pour atteindre le but qui a été fixé, égalité devant les contraires, discipline de soi. Le Yogi doit chercher le silence dans tous les cas où aucune parole ne peut expliquer. Pratiquer Tapas, c’est développer l’ardeur interne en vue d’aller vers la libération.

La pratique de tapas comprend : une discipline physique, permettant de résister à la soif, la faim, au froid, au chaud, à l’inconfort des lieux et des postures, au silence. La vigilance de langage pour renoncer aux paroles dures, fausses, viles, cruelles, trompeuses, hypocrites, pour ne dire que ce qui est nécessaire et vrai. Avant de parler, Bouddha faisait cette recommandation : « Ce que je vais dire, est-ce vrai ? Est-ce nécessaire ? Est-ce bienveillant ? ». La discipline mentale qui consiste à supprimer la colère, les désirs mauvais, l’avidité, l’attachement, la vanité et pratiquer le silence en soi.

* Svadhyaya : connaissance de soi et des textes. Etude et réflexion de soi, l’être se place en recul pour s’isoler, regarder , observer en lui. Cela permet de lire en soi, de corriger ses mauvais penchants, de tirer le meilleur de soi même. La pratique de svadhyaya comprend l’étude des textes sacrés pour les mettre en œuvre, cependant seule l’expérience intérieure est la seule expérience véritable.

La récitation du Pranava « OM », de la Gayatri mantra. (Le pranava « OM » est le passeur, celui qui permet de passer sur l’autre rive). «L’homme doit découvrir sa propre nature, et c’est en elle qu’il doit trouver son svadharma (mission social, loi de sa vie, loi de son être) – Bhagavad-Gîtâ ».

* Ishvarapranidhana : le lâcher prise (humilité d'accepter ce qui est),

l'abandon à l'univers (avoir foi et s’en remettre à l’univers ou reconnaître qu’on ne peut pas tout contrôler).

Orientation du mental vers ce qu’il y a de plus élevé, offrande de toutes les actions à Ishvara. (Ishvara est le maître de tout – Pranidhana : envoyer le prâna vers Isvadévata, ou tourner le regard vers Isvadévata – aussi : conduite respectueuse envers quelqu’un)

Cela permet de développer la conscience à travers les efforts du corps, du langage, du mental, élimine l’orgueil, l’égoïsme, l’égocentrisme et rend humble, qualité indispensable à tout éveil spirituel. Étape qui correspond au Karma Yoga (action désintéressée, agir sans rien attendre en retour).

Selon Vyasa, Ishvarapranidhana est « le fait d’offrir toutes ses actions à Ishvara. C’est tracer le chemin vers la libération, vers le but à atteindre. Il faut s’identifier à Ishvara. Par Pranidhana vers Ishvara on obtient le Samâdhi ». Ishvara représente la divinité intérieure avant toute création. C’est le Guru des sages non limité par le temps et l’espace. Il y a trois genres de Guru : l’upa guru celui qui apporte l’initiation, les techniques. Le Sat Guru est celui qui fait vivre l’expérience intérieure. L’Antar Guru est le Guru intérieur.

3 - ASANA : Posture

Les âsanas sont innombrables, quatre-vingt-quatre postures de base comportant de très nombreuses variantes totalisant huit millions quatre centre mille possibilités. Les âsanas permettent une connexion entre le corps physique, le mental, le système émotionnel et le corps astral (sûkshma sharîra). Elles permettent à l’être humain d’effectuer un travail sur lui, dans le silence, l’immobilité, à la recherche de la profondeur de son être.

La pratique des âsanas permet de consolider les fondations physiques, physiologiques, psychologiques, et prépare le terrain pour l’éveil spirituel.Les résultats obtenue seront : développement de la force musculaire et de la souplesse, renforcement , de la physiologie, de tous les organes internes et leurs purifications. Avec quelques années de pratique personnelle, chacun peut y trouver sa propre méthode de régénération, de guérison face à certaines maladies plus ou moins bénignes.

Citation de Patanjali : II.46: "Sthiramsukham asana."

= Être fermement établi dans une posture est source de félicité ou dans un espace heureux.

La posture mobilise les différents plans ou corps (physique, émotionnel, mental, énergétique, spirituel) et vise leur harmonisation.

* les Postures exercent le corps physique, améliorent la circulation des énergies, favorise la stabilité corporelle et mentale.

* Posture méditative : pratique plus intériorisée si le corps et le mental sont canalisés et maîtrisés.

Citation de Patanjali : II.47: "Prayatna-shaïtilya-ananta-samapatti-bhyam."

La méditation sur l'infini engendre le relâchement et le renoncement à l'effort-volonté."

L'équilibre corporel se situe entre l'action, l'effort et le lâcher-prise.

Dans les postures d'équilibre, on peut rapidement expérimenter ce phénomène : si on se crispe par la volonté de garder l'équilibre, on se déséquilibre ; peu vigilant, on ne peut maintenir l'équilibre de la posture.

L'asana, guidée par une respiration consciente, devient un espace confortable où le corps et l'esprit sont apaisés et unis.

4 - PRANAYAMA : Maîtrise du Souffle en vue de faire circuler l'énergie vitale Prana.

Le mot prânâyâma est constitué de « prâna » énergie vitale de l’air, en correspondance avec les ions négatifs, et de « yama » purification. Il existe de nombreuses techniques de prânâyâma. Elles permettent de développer par un contrôle respiratoire efficace, l’équilibre intérieur, émotionnel, l’équanimité.« Tel le feu le lion ou l’orage, si le prânâyâma est mal pratiqué, il tuera l’élève »Parmi les diverses techniques, quelques prânâyâmas pratiqués couramment : ujjayi le bruissement, kapalabhati le petit soufflet ou nettoyage du crâne, bhastrika le grand soufflet ou soufflet de forge, sukha pûrvaka la respiration facile, nâdi sodhana prânâyâma respiration alternée, brahmari l’abeille, samâdhi prânâyâma avec récitation du OM, etc,

Facilitée par la pratique des asanas, la régulation du souffle purifie le corps (système respiratoire, digestif & nerveux), améliore notre capacité de concentration. Lors des pratiques de prânâyâma, la longueur du souffle émis est très importante. le pratiquant doit développer son attention afin de ressentir le prâna pénétrer de façon régulière dans les fosses nasales, derrière le front, dans la gorge, la poitrine, jusque dans les alvéoles pulmonaires.

Par la conscience du rythme de la respiration, celle-ci s'allonge. Pendant Kumbhaka (suspension de la respiration), le prana augmente.

Lorsque le prânâyâma est réussi, kundalinî s’éveille et deux sensations sont perçues au niveau de l’axe vertébral. Un pétillement qui monte et une chaleur qui descend . Le pétillement qui monte (Brahmâ kundalinî), dissout les courants d’énergie, c’est une force grossière. La chaleur descendante (Vishnu kundalinî), maintient les courants d’énergie, c’est une force subtile. Une dernière force (Shiva kundalinî), recrée les courants d’énergie, elle produit une sensation béatifiante, c’est une force très subtile.

La pratique du prânâyâma facilite l’ouverture des nâdis idâ (lunaire – narine gauche), et pingala (solaire – narine droite).

Lorsque les nâdis sont obturés, des troubles apparaissent tels que : Narine gauche obturée, problèmes de dépression, d’insomnie, d’excitation, de nervosité, d’instabilité, de violence, de colère, etc. Narine droite obturée, problème d’inertie, de somnolence, d’apathie, de nonchalance, etc.Bien que les flux d’énergie se trouvent alternés à peu près toutes les 80 minutes, et modifiés en fonction des états psychiques, des positions corporelles, de la nourriture ingérée, etc… d’une manière générale la narine gauche (idâ), devrait être davantage active dans la journée, et la narine droite (pingala), durant la nuit.Par la pratique des prânâyâmas, les flux de l’énergie sont contrôlés. Le résultat sera d’être plus équilibré, plus calme, plus serein, plus attentif, moins craintif, plus optimiste, avec une meilleure concentration.

D’après les textes du Gautamiya tantra : « Il n’existe aucun principe, aucune pratique, aucune connaissance, aucun état, aucun trésor ni autre chose supérieure au prânâyâma. Quelle que soit la quantité de pratique que vous ferez, si vous n’y ajoutez pas le prânâyâma, elles deviendront stériles ».

5 - PRATYARA : Retrait des sens pour mieux canaliser et unifier le mental.

Praty indique un mouvement en sens inverse – Ha se traduit par le fait de rester en arrière, en recul – Pratyâhâra est une invitation à l’abstraction, à la résorption, cela est généralement traduit par « retrait des sens ».Le retrait des sens s’effectue selon différents modes : De façon ordinaire, lorsque nous agissons de façon déterminée pour accomplir une tâche alors que les sens sont au repos. Seule importe la tâche à réaliser et il n’y a ni réflexion, ni réaction des sens. Dans le mode le plus vaste, cette étape indique une période d’arrêt des fluctuations du mental et des réactions sensorielles à travers la recherche de l’immobilité et de la stabilité intérieure.

Nos 5 sens sont constamment attirés par le monde extérieur (les sons, les objets…) à un point tel que nous sommes décentrés. Pour la plupart d’entre nous, les contraintes sociales font que nous n’avons plus le temps de faire une pause et que nous oublions, voire ignorons, notre propre nature.

L’étape de Pratyâhâra permet de ressentir quel est le vrai but de sa vie et de savoir accepter celle-ci telle qu’elle est.

Dans l’état de Pratyâhâra les sens cessent de courir après les objets extérieurs, s’intériorisent, s’apaisent et renoncent à leur soif d’objets. Alors les choix, reliés aux aspirations profondes de l'âme ou du coeur. Ces choix seront plutôt portés vers ce qui est juste pour soi et la paix intérieure s'instaure.

Pendant les pratiques du Yoga (âsana et prânâyâma), pratyâhâra s’obtient lorsque l’être humain est en état d’arrêt, soit par la stabilité physique et mentale ressentie lors d’une posture, soit au cours de la pratique du prânâyâma, soit par une recherche du contrôle des sankalpas (mouvements de pensées), et vikalpas (imaginations, imprégnations liées aux expériences passées). Ce contrôle pratiqué durant un certain temps mènera automatiquement vers l’étape suivante, dharâna.

6 - DHARANA : CONCENTRATION

Extrait de Yoga Dipika – Lumière sur le Yoga de B.K.S. Iyengar : « Quand le corps a été trempé par les âsanas, quand l’esprit a été raffiné par le feu du prânâyâma. Et quand les sens on été maîtrisés par Pratyâhâra, le pratiquant atteint la sixième étape appelée dharâna. Il est concentré totalement sur un point unique, ou une tâche qui l’absorbe complètement »

Lorsque l’esprit est concentré et focalisé sur un acte (mantra, souffle, perceptions, sensations), les fluctuations ou l'agitation du mental diminuent.

Après avoir réussi à se concentrer sur une seule chose, on peut passer à l’étape suivante : méditer. Observer et laisser le flot des pensées couler, sans que l’esprit ne s’attache à une pensée en particulier.

Selon Swami Satyananda dans son livre « Méditations Tantriques » : Durant cette étape, le mental est encore en état d’agitation ; il est toujours assailli par des pensées. Celles-ci n’ont rien à voir avec le présent car tous les messages venant de l’extérieur ont été coupés. Il y a les souvenirs du passé et les projections dans le futur. Dans la concentration yoguique, les processus du mental ne sont pas annulés. Le mental a conscience d’un objet, mais au lieu de rester en surface, il envisage les aspects plus profonds de cet objet. Il le perçoit sous des perspectives qui ne lui apparaissaient pas auparavant quand le mental papillonnait en tous sens. Maintenir son mental sur un seul objet est un tour de force. Sa réussite amène à une compréhension profonde de l’objet considéré. Lorsque le mental est complètement purifié, la concentration survient d’elle-même, sans aucune trace d’effort particulier.

7 - DYANA : MÉDITATION

Quand la concentration est accomplie, c’est l’état de Dhyâna ou l’état de méditation, un état ou le pratiquant n’est pas conscient du temps, de l’espace et de la causalité. Le Yogi demeure alors dans un état de conscience qu’aucun mot ne peut expliquer. L’esprit est rendu lumineux par l’éclat de Dhyâna. Le Yogi voit la lumière qui brille en son cœur. Il devient une lumière pour lui-même et pour les autres.

A ce stade se développe une connaissance infaillible et la science des objets supra-sensoriels. Tout est absolument clair (Parama Pratyaksha). La connaissance des trois gunas et de leur mode d’être est réalisée. Les aspects de Tamas et Rajas n’ont plus d’influence. Alors est développé le quatrième état du Chitta « Ekâgratâ » (la concentration aiguë). Le mental devient pur et transparent. Il est dénué de l’inconstance, de l’aversion, etc. Une personne qui a un tel état d’esprit sait exactement ce qu’elle veut, elle fait appel à toutes ses ressources pour atteindre son but. « La personne dont l’esprit est Ekâgratâ a besoin de Bhakti (dévotion), et de concentration sur le divin pour garder son équilibre mental de façon à toujours aller dans la bonne direction.

Le yoga s’adresse à tous ceux qui ont le désir profond de vivre avec sincérité, justice, paix et amour, sans fuir en aucune mesure la vie extérieure, mais en s’unissant à elle et en se réalisant à travers elle

8 - SAMADHI : ÉTAT D'UNITÉ

Retour de l'esprit à l'état d'unité, au silence originel. Équanimité du mental, habileté à demeurer inaltéré par les actions et les résultats, non asservissement aux souffrances et angoisses, demeurer en son propre et réel soi est Yoga ». (Srîmad Bhagavad-Gîtâ). « Chaque fois que le yogi veut parvenir au samâdhi il lui faut d’abord pratiquer la concentration (Dhârana), puis la contemplation ou méditation (Dhyâna), et ensuite seulement il est en mesure d’arriver au samâdhi ». (sûtra 4 du Vibhuti padah des Yoga-sûtras)

ASHTANGA YOGA - 8 MEMBRES DU YOGA

La lecture des Yogas-sutras est passionnante et il est fréquent de l’étudier pendant de nombreuses années.

En effet, ces 195 aphorismes, très courts, se prêtent à interprétation et ouvrent de nombreuses voies d’exploration personnelle. Je vous recommande la traduction de Françoise Mazet aux éditions Spiritualités Vivantes.

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